Extraits … IV


‎ »…Connaissance discursive, s’opposant à connaissance intuitive, est au fond synonyme de connaissance indirecte et médiate; ce n’est donc qu’une connaissance toute relative, et en quelque sorte par reflet ou participation; en raison de son caractère d’extériorité, qui laisse subsister la dualité du sujet et de l’objet, elle ne saurait trouver en elle même la garantie de sa vérité, mais doit la recevoir de principes qui la dépassent et qui sont de l’ordre de la connaissance intuitive [celle qui donnée par le 'aql, première création de Dieu. NDRL], c’est à dire purement intellectuelle. »

‎ »….C’est ce que nous avons déjà indiqué en parlant de la « science sacrée » et de l’impossibilité de la « vulgariser ». Cette dernière remarque en amène une autre : en Orient, les doctrines traditionnelles ont toujours l’enseignement oral pour mode de transmission régulière, et cela même dans le cas où elles ont été fixées dans des textes écrits; il en est ainsi pour des raisons très profondes, car ce ne sont pas seulement des mots qui doivent être transmis, mais c’est surtout la participation effective à la tradition qui doit être assurée…. »

‎ »…..Le Swâmi Siddheswarânanda parle de Shri Aurobindo, à propos de la récente publication de la traduction française de plusieurs de ses livres, dont nous avons rendu compte dernièrement; il nous semble y avoir, dans la façon dont les choses sont présentées ici, une certaine tendance à dépouiller le yoga de son caractère proprement hindou, ce qui plutôt dangereux, car la plupart des occidentaux .ne seraient que trop facilement tentés d’en conclure que le développement spirituel peut être entrepris et poursuivi en dehors de tout rattachement traditionnel, et cette erreur est déjà trop largement répandue pour qu’il convienne de l…’encourager. Du reste, en voulant se montrer « accommodant » à l’extrême, on dépasse parfois le but qu’on s’était proposé; ainsi quand on dit, sans doute pour faire preuve de bienveillance, que « l’Europe possède l’organisation et la hiérarchie », cela ne risque-t-il pas de paraître d’une ironie plutôt amère à tous ceux ( et il y en a tout de même quelques uns parmi les européens ) qui se rendent compte de ce qu’il en est réellement à l’époque actuelle ?  »

‎ »…L’interprétation psychanalytique vise en réalité à nier cette transcendance de la Tradition, mais d’une façon nouvelle …….et différente de celle qui avait cours jusque là.[...]On semble au contraire admettre que la tradition a un caractère « non humain » mais en détournant complètement la signification de ce terme.[....]On saisit donc ici, d’une façon immédiate, le procédé de subversion qui consiste, en s’emparant de certaines notions traditionnelles, à les retourner en quelque sorte en substituant le « subconscient » au « super-conscient », l’infra-humain au super-humain. [...]…à servir de véhicule à cette spiritualité à rebours,dont,vers la fin du cycle actuel,le règne de « l’antéchrist » doit marquer le triomphe apparent et passager ? »

‎ »….D’autre part, il faut remarquer que l’obscuration ne s’est pas produite subitement et une fois pour toute, mais que, après la perte de l’état primordial, elle a eu plusieurs autres étapes successives, correspondant à autant de phases ou d’époques dans le déroulement du cycle humain; et la « perte » .dont nous parlons peut aussi bien représenter chacune de ces étapes, un symbolisme similaire étant toujours étant toujours applicable à ces différents degrés. Ceci peut s’exprimer ainsi : à ce qui avait été perdu tout d’abord, …il a… été substitué quelque chose qui devait en tenir lieu dans la mesure du possible, mais qui, par la suite, fut perdu aussi à son tour, ce qui nécessita d’autres substitutions. On peut l’entendre notamment de la constitution de centres spirituels secondaires lorsque le centre suprême fut caché aux regards de l’humanité, tout au moins dans son ensemble et en tant qu’il s’agit d’hommes ordinaires ou « moyens », car il y a nécessairement toujours des cas d’exception sans lesquels, toute communication avec le centre étant rompue, la spiritualité, elle même à tous ses degrés aurait entièrement disparu…… »

‎ »…. »…Retourner à sa racine (c’est à dire au Principe, à la fois origine première et fin dernière de tous les êtres ) , c’est entrer dans l’état de repos ». Le « vide » dont il s’agit ici, c’est le détachement complet à l’égard de toutes les choses manifestées, transitoires et contingentes, détachement par lequel l’être échappe au vicissitudes du « courant des formes », .à l’alternance des états de « vie » et de « mort », de « condensation » et de « dissipation », passant de la circonférence de la « roue cosmique » à son centre, qui est désigné lui même comme le « vide (le non-manifesté) qui unit les rayons et en fait une roue ». [....] Cette « paix dans le vide », c’est la « Grande Paix » de l’ésotérisme islamique; appelé en arabe « Es-Sakîna »

‎ »….. »Le Roi du Monde » est représenté devant le tombeau de son prédécesseur, celui où il est question de l’origine des bohémiens, qui auraient jadis vécus dans l’Agarttha …… » Nous devons dire à ce propos que l’existence de peuples « en tribulation », dont les bohémiens sont un des exemples les plus frappants, est réellement quelque chose de fort mystérieux et qui demanderait à être examiné avec attention.

Au fond, on pourrait dire que toute ascèse véritable est essentiellement un « sacrifice », et nous avons eu l’occasion de voir ailleurs que, dans toutes les traditions, le sacrifice, sous quelque forme qu’il seprésente, constitue proprement l’acte rituel par excellence, celui dans lequel se résument en quelque sorte tous les autres. Ce qui est ainsi sacrifié graduellement dans l’ascèse, ce sont toutes les contingences dont l’être doit parvenir à se dégager comme d’autant de liens ou d’obstacles qui l’empêchent de s’élever à un état supérieur; mais s’il peut et doit… sacrifier ces contingences, c’est en tant qu’elles dépendent de lui et qu’elles font d’une certaine façon partie de lui même à un titre quelconque. Comme d’ailleurs l’individualité n’est aussi qu’une contingence, l’ascèse, dans sa signification la plus complète et la plus profonde, n’est en définitive pas autre chose que le sacrifice du « moi » accompli pour réaliser la conscience du « Soi ».

« …Il nous paraît fort douteux, même après avoir lu ce livre, qu’il ait jamais existé quelque chose qu’on puisse appeler une « psychologie indienne », ou , en d’autres termes, que le point de vue « psychologique », tel que l’entendent les occidentaux modernes, ait jamais été envisagé…dans l’Inde .L’auteur reconnait que l’étude de l’être humain y a toujours été faite en procédant de l’intérieur à l’extérieur, et non pas dans le sens inverse comme en occident;mais c’est précisément pour cela que la psychologie, qui se borne à analyser indéfiniment quelques modifications superficielles de l’être, ne pouvait y être l’objet du moindre intérêt. C’est seulement dans le Bouddhisme, et sans doute comme conséquence de sa tendance à nier ou tout au moins à ignorer les principes transcendant, que l’on rencontre des considérations qui pourraient se prêter, dans une certaine mesure, à être interprétées en termes de psychologie … »

: »…L’initiation proprement dite consiste essentiellement en la transmission d’une influence spirituelle, transmission qui ne peut s’effectuer que par le moyen d’une organisation traditionnelle régulière,de telle sorte qu’on ne saurait parler d’initiation en dehors du rattachement à une telle organisation…[...] Il est dès lors facile de comprendre l’importance capitale que toutes les traditions attachent à ce qui est désigné comme la « chaîne » initiatique (silsilah), c’est à dire à une succession assurant d’une façon ininterrompue la transmission dont il s’agit… »

« …L’interprétation psychanalytique vise en réalité à nier cette transcendance de la Tradition, mais d’une façon nouvelle …….et différente de celle qui avait cours jusque là.[...]On semble au contraire admettre que la tradition a un caractère « non humain » mais en détournant complètement la signifi…cation de ce terme.[....] On saisit donc ici, d’une façon immédiate, le procédé de subversion qui consiste, en s’emparant de certaines notions traditionnelles, à les retourner en quelque sorte en substituant le « subconscient » au « super-conscient », l’infra-humain au super-humain. [...]…à servir de véhicule à cette spiritualité à rebours,dont,vers la fin du cycle actuel,le règne de « l’antéchrist » doit marquer le triomphe apparent et passager ? »

Extraits collectés par Joseph Malsi

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