Musique sacrée


La musique sacrée, essence du temps selon Platon est omniprésente dans les milieux traditionnels.
Porteuse d’un souffle et d’une énergie polarisante, elle permet la communication avec des modalités subtiles de l’être humain.
Galvaudée à notre époque, la musique sacrée est vraiment l’art nomade héritier de la tradition primordiale, réminiscence paradisiaque.

Ne dit-on pas que notre père le Prophète Adam s’exprimait en vers ? Inspiration de la langue syriaque dont l’harmonie reflète la proximité avec la source de la spiritualité. Cette harmonie est caractéristique également des livres sacrés, des poèmes des Saints, comme de toute œuvre de la tradition ayant fonction de relier le sensible à l’intelligible.

Dans un Hadith bien connu, il est dit que « Dieu est beau » et qu’ « Il aime la beauté ». La beauté salvatrice qui dilate le cœur et élève l’âme. La beauté qui comme l’amour dont elle est un attribut s’infiltre comme l’eau de façon irrésistible dans les corps les plus opaques et les plus durs et les pénètre de l’intérieur.

Art nomade, se déployant dans l’espace, prémisse du renversement de la fin du cycle où le temps doit selon René Guénon se changer en espace (Cf. Le règne de la quantité).

Enfin, comme expression de la spiritualité, la musique sacrée est expression de l’abandon au Divin. Elle est le fruit de la vie contemplative dont elle est indissociable. Nécessitant une initiation particulière de même que des qualifications précises, elle était jusqu’au Moyen-Age en Occident corrélée à l’enseignement religieux puisque le maître de musique était également le maître de chapelle. Une musicologie pratiquement perdue pour l’occident, s’il ne fait recours à l’orient. Rappelons les études qui eurent cours en occident en ces temps, notamment sur l’utilisation du nombre d’or, véritable signature de l’artisan Divin dans l’univers, dans la musique et la poésie. La spiritualité comme recherche de l’équilibre, ne peut s’exprimer que dans une forme harmonieuse. Ceci devrait suffire pour couper court aux assimilations que nous ne nous hasarderons pas à faire avec la musique moderne dont l’inspiration semble être le plus souvent plutôt ténébreuse.
« Les actes ne valent que par les intentions qui les ont inspirés » (hadith). « La parole porte le vêtement du cœur qui l’a prononcée » (hikma : « sagesse »). Un homme de Dieu disait récemment que les notes du musicien sincère deviennent des anges qui montent jusqu’au trône de Dieu. Cette conception de l’art et de la musique doit être vivifiée si l’on veut vraiment donner une âme à la mondialisation.

René Guénon à la fin de son étude sur le Tawhid (Cf : Aperçus sur l’ésotérisme islamique) rend hommage à cette ivresse créative, la prose cédant aux vers, et les noms Divins devenant langues de Feu dans le désert…de la modernité.

Noreyni

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