Extraits … V


« …L’initiation proprement dite consiste essentiellement en la transmission d’une influence spirituelle, transmission qui ne peut s’effectuer que par le moyen d’une organisation traditionnelle régulière,de telle sorte qu’on ne saurait parler d’initiation en dehors du rattachement à une telle organisationIl est dès lors facile de comprendre l’importance capitale que toutes les traditions attachent à ce qui est désigné comme la « chaîne » initiatique (silsilah), c’est à dire à une succession assurant d’une façon ininterrompue la transmission dont il s’agit… »

« …Il nous paraît fort douteux, même après avoir lu ce livre, qu’il ait jamais existé quelque chose qu’on puisse appeler une « psychologie indienne », ou , en d’autres termes, que le point de vue « psychologique », tel que l’entendent les occidentaux modernes, ait jamais été envisagé dans l’Inde. L’auteur reconnait que l’étude de l’être humain y a toujours été faite en procédant de l’intérieur à l’extérieur, et non pas dans le sens inverse comme en occident;mais c’est précisément pour cela que la psychologie, qui se borne à analyser indéfiniment quelques modifications superficielles de l’être, ne pouvait y être l’objet du moindre intérêt.
C’est seulement dans le Bouddhisme, et sans doute comme conséquence de sa tendance à nier ou tout au moins à ignorer les principes transcendant, que l’on rencontre des considérations qui pourraient se prêter, dans une certaine mesure, à être interprétées en termes de psychologie … »

« Au fond, on pourrait dire que toute ascèse véritable est essentiellement un « sacrifice », et nous avons eu l’occasion de voir ailleurs que, dans toutes les traditions, le sacrifice, sous quelque forme qu’il se présente, constitue proprement l’acte rituel par excellence, celui dans lequel se résument en quelque sorte tous les autres. Ce qui est ainsi sacrifié graduellement dans l’ascèse, ce sont toutes les contingences dont l’être doit parvenir à se dégager comme d’autant de liens ou d’obstacles qui l’empêchent de s’élever à un état supérieur; mais s’il peut et doit sacrifier ces contingences, c’est en tant qu’elles dépendent de lui et qu’elles font d’une certaine façon partie de lui même à un titre quelconque. Comme d’ailleurs l’individualité n’est aussi qu’une contingence, l’ascèse, dans sa signification la plus complète et la plus profonde, n’est en définitive pas autre chose que le sacrifice du « moi » accompli pour réaliser la conscience du « Soi » ».

« ….. »Le Roi du Monde » est représenté devant le tombeau de son prédécesseur, celui où il est question de l’origine des bohémiens, qui auraient jadis vécus dans l’Agarttha …… »Nous devons dire à ce propos que l’existence de peuples « en tribulation », dont les bohémiens sont un des exemples les plus frappants, est réellement quelque chose de fort mystérieux et qui demanderait à être examiné avec attention. »

« ‎ »…. »…Retourner à sa racine (c’est à dire au Principe, à la fois origine première et fin dernière de tous les êtres ) , c’est entrer dans l’état de repos ». Le « vide » dont il s’agit ici, c’est le détachement complet à l’égard de toutes les choses manifestées, transitoires et contingentes, détachement par lequel l’être échappe au vicissitudes du « courant des formes », à l’alternance des états de « vie » et de « mort », de « condensation » et de « dissipation », passant de la circonférence de la « roue cosmique » à son centre, qui est désigné lui même comme le « vide (le non-manifesté) qui unit les rayons et en fait une roue ». [....] Cette « paix dans le vide », c’est la « Grande Paix » de l’ésotérisme islamique; appelé en arabe « Es-Sakîna » ….. »

‎ »….D’autre part, il faut remarquer que l’obscuration ne s’est pas produite subitement et une fois pour toute, mais que, après la perte de l’état primordial, elle a eu plusieurs autres étapes successives, correspondant à autant de phases ou d’époques dans le déroulement du cycle humain; et la « perte » dont nous parlons peut aussi bien représenter chacune de ces étapes, un symbolisme similaire étant toujours étant toujours applicable à ces différents degrés. Ceci peut s’exprimer ainsi : à ce qui avait été perdu tout d’abord, …il a… été substitué quelque chose qui devait en tenir lieu dans la mesure du possible, mais qui, par la suite, fut perdu aussi à son tour, ce qui nécessita d’autres substitutions. On peut l’entendre notamment de la constitution de centres spirituels secondaires lorsque le centre suprême fut caché aux regards de l’humanité, tout au moins dans son ensemble et en tant qu’il s’agit d’hommes ordinaires ou « moyens », car il y a nécessairement toujours des cas d’exception sans lesquels, toute communication avec le centre étant rompue, la spiritualité, elle même à tous ses degrés aurait entièrement disparu…… »

‎ » …Si nous disons que le « Soi » est potentiellement dans l’individu, et que « l’Union » n’existe que virtuellement avant la réalisation, il va de soi que cela ne doit s’entendre que du point de vue de l’individu lui même. En effet, le « Soi » n’est affecté pas aucune contingence, puisqu’il est essentiellement inconditionné; .il est immuable dans sa « permanente actualité », et ainsi il ne saurait avoir en soi rien de potentiel. Aussi, faut il avoir bien soin de distinguer « potentialité » et « possibilité » …. »

Collectés par Joseph Malsi

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