Toute l’œuvre de René Guénon dans son ensemble converge en un point unique qui est à la fois son fondement et sa finalité et que René Guénon désigne sous le terme de Connaissance.
Troisième voie traditionnelle (marga) après l’action et la dévotion, la connaissance occupe pour René Guénon un rang sublime et singulier, l’auteur le désigne même, et ce, conformément à l’orthodoxie de la doctrine traditionnelle, comme la condition sine qua non du terme de l’initiation, de la délivrance vis-à-vis de la manifestation, de la réalisation de l’identité suprême. Seule la connaissance, et non les rituels, permet d’atteindre l’union avec le principe de toute chose, union qui n’est soumise à aucune causalité.
Seule la Lumière dissipe les ténèbres, et ce irrémédiablement par une incompatibilité de natures.
La où réside l’absolu, il n’y a que l’un sans second. En d’autres termes, les causes secondes sont annihilées dans la cause première, qui a toujours été et qui sera toujours. Ces causes secondes n’apparaissent que sous le mode de l’illusion, et nous dit René Guénon, seule la connaissance met fin à l’illusion qui est ignorance, et insiste-t’il, l’action n’est pas le contraire de l’ignorance car appartenant à des sphères différentes, seule la connaissance dissipe les ténèbres.
Nous voyons donc que cette connaissance est lumière. Dieu dit dans le Coran : « Lumière sur lumière, Dieu guide vers sa lumière qui il veut » ou encore « Il fait descendre sur eux la Sakina (la Grande Paix), afin d’ajouter une foi à leur foi » ; de même on sait que le Prophète SAW implorait abondamment son Seigneur d’augmenter sa lumière, et ce jusqu’à l’identification, » O mon Seigneur, fais de moi une lumière ». Cette identification est précisément ce qui a fait dire à René Guénon que d’un point de vue traditionnel Etre et Connaître sont synonymes, ce qui es,t souligne t’il avec insistance, le principe même de la réalisation spirituelle.
« Lumière sur lumière », …, le Coran nous suggère l’idée de capital, conformément à la réponse prophétique au compagnon savant, à savoir le distingué Seyiduna Ali RAA. Ce dernier venu interroger le Maître des Maîtres sur la Sunna ( Tradition sacrée) eu comme réponse : « La Science est mon arme, la Connaissance est mon capital, la Patience est ma tunique, le Contentement est mon butin, l’Amour est mon principe, l’Invocation de Dieu est mon confident, la Véracité est mon intercesseur, mon ardent désir est pour mon Seigneur, ma tristesse est vouée à ma communauté, la Certitude est ma nourriture, etc « …Retenons : « La connaissance est mon capital »…L’œuvre de René Guénon n’est-elle pas éminente quand il s’agit de désapprouver la confusion moderne entre Connaissance et Théorie de la Connaissance ? Les modernes qui ne rencontrent pas le Lion, sont devenus des adeptes de Ses Traces, de Son Ombre.
Il s’agit au contraire de nier les causes secondes avec énergie, de nier la réalité de ce qui n’est pas Dieu avec force, il s’agit donc d’un capital de capacité à affirmer pleinement et véritablement la réalité divine et l’irréalité du monde. Les adeptes de la théorie de la connaissance, les modernes, sont bien loin de cela, faisant abstraction de Dieu dans toutes leurs philosophies humaines, niant toute révélation, toute transcendance…parce que faisant abstraction du cœur. En effet selon le hadith cité avant, la connaissance est un capital, dans les poitrines, quand la sciences est une arme, dans les cerveaux.
Une civilisation traditionnelle est au contraire entièrement suspendue à cette notion de cœur. Comme le dit un hadith qûdsi : « Ni les cieux, ni les terres, ne peuvent me contenir, seul me contient le cœur de mon serviteur sincère ». Car une telle personne voit Dieu en toute chose, car Il est vraiment toute chose, comme l’a affirmé un Maître contemporain de la Voie dans son poème : « Tout est Lumière qui me révèle à moi-même ».
Nous venons de témoigner de la dimension spirituelle de la connaissance, et ce avec l’aide de écrits de René Guénon.
Que Dieu augmente notre Lumière.
Noreyni