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L’illusion de la vie ordinaire
Posté dans Société le 25 juillet 2010
Parmi les illusions que relève René Guénon et qui sont induites par le point de vue profane lui-même, il nous semble important de nous arrêter sur une qui est suffisamment caractéristique de ce point de vue pour lui consacrer un article afin de mieux faire sentir , toujours par la voie négative, ce que peut être le point de vue sacré.
Les ouvrages de René Guénon abondent en analyses du point de vue profane, et nombre de remarques de leur auteur ont pour dénominateur commun l’illusion de la vie ordinaire. Cette vie ordinaire est celle qui est le plus répandue dans notre époque, et les efforts du Cheikh furent d’en montrer l’illégitimité du point de vue traditionnel. La vie ordinaire, il s’agit de l’existence humaine dénuée de référence à un principe supérieur, en d’autres termes, le quotidien le plus insignifiant et faisant une part non-négligeable aux renversements des valeurs. C’est le day-to-day dans toute son horizontalité, où l’intelligence du Cœur, si précieuse pour les ésotéristes, est sacrifiée pour la recherche de l’action pour l’action, vivre pour manger, en ne caricaturant qu’un peu. La contemplation est subordonnée au reste des activités humaines au lieu d’en être le principe. Dans cet perspective, c’est la logique de l’extérieur, c’est-à-dire du paraître et de l’avoir, qui domine sur la logique de l’intérieur, c’est-à-dire de l’être, oubliant que pour agir il faut être. Cette vie ordinaire est la plus vaine des illusions selon René Guénon car elle n’est autre que le suicide de l’intelligence, entendue dans son acception transcendante, le sacrifice de l’essentiel et du permanent au profit du contingent et de l’accidentel. Déjà les psaumes de David nous mettaient en garde contre ce renversement des valeurs, « Jusqu’à quand cette course au mensonge, ce goût de néant ».
Selon la perspective Soufie au contraire, il ne s’agit pas d’avoir pour être, mais d’être avant toute chose. L’âme est un dépôt sacré engagé dans un voyage sacré, dont les répercussions sont cosmiques. Car ce qui caractérise le point de vue profane, c’est la perte de vue de l’interdépendance du microcosme avec le macrocosme de même que l’unicité de l’existence. Lors de sa création, cette âme fut interpellée par son producteur, « Ne suis-je pas votre Seigneur ? », témoignage qu’aucune âme n’a nié. « J’ai tout réalisé pour votre vie ici-bas, votre sort dans l’au-delà vous incombe ».
L’illusion de la vie ordinaire, est à l’origine et ne fait qu’un avec la crise du monde moderne, car elle est l’expression du point de vue profane. Elle engendre l’illusion d’une sécurité factice, et une moralité dénuée de fondement. Disons-le tout de suite, il n’y a de sécurité que dans le principe suprême si toutefois il est permis de s’exprimer ainsi. Un Saint est allé jusqu’à dire : « La certitude me tient lieu de canon », ou encore « Mon bouclier contre les impies est que le Créateur est mon voisin ». Les Soufis disent : « Ne cherche pas ce qui t’est garanti, mais ce qui t’est demandé ». Le monde moderne cherche à se protéger car il se sent menacé sans se rendre compte qu’il est son pire ennemi à cause des tendances qu’il porte en lui-même. Pour le croyant, l’idée de perdre la foi est une chose plus répugnante que celle de perdre une subsistance ou une réputation. Le Coran nous dit : « Ce n’est que le diable qui veut vous faire craindre ses adeptes ».
L’Etre Humain est oublieux par nature, et a besoin de la compagnie des Sages réalisés pour se rappeler la réalité divine. Dans la beauté du visage du Saint, on a la certitude que tous nos problèmes sont déjà résolus d’avance, et que nos efforts doivent tendre à gagner notre véritable demeure, « là où il n’y a ni poussière, ni voleur », nous dit l’Evangile. Le résumé de cet article pourrait être le suivant : ne cherchons pas la solution à nos problèmes car nous n’avons pas de problèmes. Le Cheikh Abd-El-Qader al Jilani avait coutume de dire : « Je ne connais qu’un seul remède, tout remettre entre les mains de Dieu ». Or cet état de confiance, est un don, c’est une grâce, qui ne peut être transmise pleinement que par l’initiation.
Une fois de plus, les ouvrages de René Guénon nous ont servi à comprendre que la véritable vocation de l’Homme est d’entreprendre un pèlerinage spirituel, et qu’au cours de ce voyage, il n’y a pas lieu de craindre quoi que soit sinon de dévier, car tout ce qui est en Dieu est meilleur et durable.
Y.P
Considérations ésotériques sur la métaphysique
Posté dans Références traditionnelles le 28 mars 2010
Il est une parole de René Guénon tirée de son livre Initiation et Réalisation Spirituelle qui est une véritable invitation au seuil de la porte Divine, qui synthétise avec clarté nombre de considérations sur la métaphysique, et qui confronte le lecteur à l’orthodoxie de la doctrine traditionnelle d’une façon abrupte et sans équivoque possible ; en effet, René Guénon nous dit qu’aucune conception métaphysique n’est possible sans entrer dans la « Grande Solitude ».
Arrêtons-nous sur cette notion de « Grande Solitude » en précisant tout de suite qu’il ne s’agit pas d’isolement, car l’ascèse, loin d’être le fait de se réfugier sur une montagne, consiste au contraire à vivre notre modernité tout en conservant notre authenticité, et c’est un point très important à souligner, que le cheminant sur une voie spirituelle a une participation active au sein de la société dans laquelle il se trouve, « le corps dans la boutique, le cœur chez Dieu » disent les Soufis.
Alors de quelle solitude s’agit-il ? Disons tout de suite que le Soufi est intérieurement avec Dieu et extérieurement avec les hommes, c’est-à-dire qu’il s’agit d’une solitude intérieure et non extérieure, et donc ce que l’on peut dire de la « Grande Solitude » est très exactement lié à la doctrine de l’unicité Divine, at-Tawhid. Précisons en quoi la doctrine de l’unicité Divine peut et même doit conduire l’être humain à un tel état, mais avant, souvenons-nous de l’insistance avec laquelle René Guénon a indiqué que le but final de l’initiation était la Délivrance vis-à-vis de la manifestation, Moksha, ou encore cette parole énigmatique relevée dans Aperçus sur l’ésotérisme Islamique et Taoïsme, « Le Soufi n’est pas une créature », pour nous arrêter là et montrer à l’internaute l’élévation de la sphère dans laquelle est invité le lecteur guénonien.
Toutes les doctrines traditionnelles possèdent cette notion d’unicité Divine, et l’Islam est la forme qui insiste le plus sur cette affirmation, pour des raisons tenant à l’obscurcissement de la vision spirituelle des hommes durant notre période critique. Or selon la doctrine de l’unicité Divine, les créatures sont dénuées de force, ne peuvent ni nuire ni profiter, et ne possèdent pas d’existence autonome. Nombreuses sont les traditions prophétiques qui invitent à la sagesse, par la prise de conscience de l’indigence des créatures, et donc le détachement et l’autonomie vis-à-vis de celles-ci. Les Saints disent : « Les créatures sont la porte et le voile ». Ce qui est voilé, c’est l’agent unique, tel la conscience universelle trônant au centre d’un royaume peuplé de marionnettes qui tiendraient d’elle à la fois leur existence et leur activité. Il n’y a donc que Lui qui est Allah, et la Nafs, l’âme en tant qu’elle croit être séparée, se pose en contre-pouvoir, mais bien-sûr de façon illusoire. En d’autres termes, l’être humain est éternellement seul face à son Seigneur, mais seule l’initiation peut lui restaurer la conscience de cet état, qui en même temps est libération, purification, unification, et dépouillement intérieur.
Ce qui vient d’être dit est précisément ce qui a fait dire à des Saints : « Mon ambition est de devenir l’unique esclave de Dieu », « Voir autre que Dieu revient à apostasier », « Quiconque tu détestes, tu ne détestes que Ton Seigneur » ou « Mes yeux n’ont jamais vu que Toi ». René Guénon précise dans son livre « La métaphysique orientale » : « La connaissance métaphysique n’est pas quelque chose de nouveau », « elle n’est pas le produit de quoi que ce soit », et dit qu’il s’agit de la prise de conscience de « ce qui est ». Voici donc, le fameux retournement. Ce n’est pas en tant qu’être humain que l’homme peut avoir cette connaissance. Ce point est essentiel. La Voie amène celui qui la parcourt à réaliser que lui et le monde ne sont pas ce qu’il croyait être, qu’il est, selon l’expression d’un Saint, « là où il a toujours été après n’être plus, là où il n’a jamais été » ; ou encore : « après qu’a disparu ce qui n’a jamais été, et que soit apparu ce qui n’a jamais disparu », « Dieu était seul, et aucune chose avec Lui, Il est maintenant tel qu’Il a toujours été ». Un Maître de la Voie de nos jours, dit en ces termes : « Celui qui est arrivé à voir l’Unité, ne voit plus qu’Elle. Il s’aperçoit que les formes humaines ne sont qu’illusions. Chaque étape est plus belle que la précédente . »
C’est l’état intérieur de celui qui est éveillé dans la Vérité, tandis que les autres êtres humains le perçoivent comme ils se perçoivent eux-même, c’est-à dire dans le monde. Cet état, qui en même temps est félicité, n’est pas descriptible et est à peine perceptible et réclame une grande vigilance, car il faut s’adresser à chacun selon son niveau, et mettre chaque chose à sa place. Jésus ne disait-il pas à Ses disciples : « Ne vous souciez pas de se que vous répondrez à vos accusateurs, car à ce moment-là ce n’est pas vous qui parlerez mais le Saint-Esprit ». Comprenons-que pour l’Homme qui est retourné au Centre du Monde, le souci est d’y demeurer et de s’y enraciner, et de laisser les évènements suivre leur cours sans les rechercher, ni les esquiver, ni s’y identifier. Le non –agir est en fait l’activité suprême, la plénitude de l’être, pour qui un « cœur chaud » et « voyant la lumière Mohamédienne en toute chose » n’est pas lettre morte.
Pourquoi de telles considérations dans un site internet qui se veut ancré dans l’actualité de l’œuvre de René Guénon ? C’est que l’humanité est actuellement dans une période critique, et ce à tous les niveaux. Il semble de plus que les solutions proposées sont le plus souvent destinées à aggraver l’état de confusion général, ne procédant jamais de l’intérieur mais de l’extérieur, ne consistant qu’en vaines réformes contingentes, écrans de fumée qui aggrave sans cesse cette myopie ambiante qui tend à solidifier et dissoudre ce monde, et qui fait apparaître l’autre monde au mieux comme un rêve lointain quand on est pas encore gagné par cette cécité générale et contagieuse. « Dieu ne change pas un peuple tant que celui-là ne change pas ce qu’il porte en lui-même » nous dit le Coran. Nous voyons maintenant pourquoi les considérations préliminaires sur la connaissance métaphysique ne sont pas déconnectées de notre préoccupation actuelle. La clé de la compréhension de cela est ce qui fut dit précédemment à propos de l’éveil de cet être engagé dans une voie spirituelle, qui comprend que lui et le monde ne sont pas ce qu’il croyait être. Pourquoi lutter quand on sait que la vie est un rêve, que l’éveil est meilleur et plus profitable, et qu’en plus il procure la Paix, qui elle par contre est le régulateur des activités le plus efficace ; le connaisseur de l’unité agit de la meilleure façon, impartial, sa volonté étant identifiée à celle du Divin. Nous voyons aujourd’hui des sages resplendissant de joie dans des conditions de vie difficile, or cette joie est justement, le médicament, la bonne santé, la guérison,…ce médecin qui est la lumière qui luit dans les ténèbres. «Cherchez d’abord le Royaume des Cieux et Sa Justice, le reste vous sera donné de surcroît » dit l’Evangile, avertissant, « Celui qui cherche à conserver sa vie, la perdra ». La Solution vient donc toujours d’en haut, et il ne peut en être autrement, si ce n’est que illusoirement et temporairement. Mais n’est-ce pas cette emprise de l’illusion qui est condamné à disparaître ? Le triomphe de l’erreur si éclatant soit-il n’a qu’un temps, celui de la Vérité est pour toujours. Les Sages ont toujours cherché à tranquiliser les Cœurs en rappelant à l’Homme le caractère illusoire du Monde et en les guidant dans le chemin de restauration de leur perception de la Divinité. Ainsi, c’est à un changement d’orientation auquel est invitée l’humanité entière, et nous venons de voir à partir de l’œuvre de René Guénon pourquoi il ne peut pas en être autrement.
L’Islam en France, un peu de douceur dans une société déshumanisée …
Posté dans Références traditionnelles le 7 janvier 2010
Chaque musulman est responsable de sa religion, devant Dieu, devant les hommes selon sa nature et sa place assignée. Sans prétendre me substituer aux savants, mon opinion aura une valeur de témoignage. Je suis français, occidental par ma naissance bien que né en Afrique du nord, musulman par choix.
Certains parlent de « conversion », je dirais mon « orientation » s’est opérée il y a quelques années déjà …
Serais-je un détraqué, masochiste ? Un faible d’esprit me retranchant derrière une communauté ? A lire les commentaires des médias, je ne peux me retrouver dans des descriptions issues de rumeurs, nourries par la crainte, la peur, le rejet ou la haine. L’ignorance, tant décriée par les journalistes ou intellectuels de tous bords, règne et impose sa loi en ce qui concerne la compréhension de l’Islam.
Cette situation dans une société « laïque », terme à définitions variables selon les circonstances, mène à des aberrations d’autant plus ennuyeuses qu’elles touchent à la capacité de compréhension dans la communauté musulmane elle même … ! Une frange des musulmans français, occidentaux, pensent en effet qu’il faut justifier notre religion par rapport à ce tissu d’erreurs … Transformant ainsi la Révélation divine en une sucrerie issue de l’imagination humaine, toute empreinte d’un affectif dommageable, vidant de son contenu la parole divine n’en laissant qu’une image déformée. Un peu comme un maquillage cachant maladroitement un visage abimé par l’outrage du temps alors que l’Islam est d’une éternelle jeunesse n’ayant besoin que de cœurs sincères pour être relayé dans ce monde.
La rigueur nécessaire à l’application, selon sa compréhension, des règles pour gouter à l’absolu est alors taxé d’ « intégrisme » ou « d’obscurantisme » de la même façon que peut l’être l’approche contraignante, manichéenne, prosélyte d’une faction intégriste de la communauté ou de certaines sectes qui se parent des couleurs de l’islam comme elles auraient pu se parer en d’autres temps des couleurs du christianisme ou du judaïsme.
Le secret réside certainement dans l’idée de « compréhension selon sa nature ». Pour comprendre et gouter aux secrets de l’Islam, une part de recherche, d’étude, d’apprentissage du dogme est requise, sans cela l’imagination remplace le savoir et l’opinion se croit connaissance. Un effort conséquent est demandé aux croyant : l’étude de sa religion. Lecture du Coran, de la Sîra, du hadith, de la biographie des compagnons, des textes de nos pieux savants, des maîtres … Ce savoir illuminera le mental. Cet étude renforcée par les obligations cultuelles : prières, jeûne, aumônes, pèlerinage à la Mecque, profession de foi et par les invocations surérogatoires deviendra vivante, sera actualisée en permanence.
D’autre part, penser que l’Islam fait peur est un non sens … Un croyant peut-il penser que Dieu fait peur ? Que le Coran fait peur ? Que le Prophète fait peur ? ……Une incompréhension, née de la confusion et de l’ignorance associées à des réactions égotiques de rejet de l’effort nécessaire à se conformer aux obligations sacrées, mène à l’inversion.
S’appliquer à l’imitation du Prophète Mohammed (p.s.l) est le processus (transmis par une chaîne ininterrompue identifiable …) qui permet de vivre au quotidien le Coran. La méthode en est prophétique : Le Prophète a invoqué avec les premiers disciples pendant 13 ans dans la maison d’Al Arkam avant d’avoir l’autorisation de divulguer le Coran. L’invocation est la clef de l’Islam. Nouveau et dernier message de Dieu, celui-ci a été enseigné avec une admirable douceur et pédagogie dans un milieux des plus hostiles et ignorants sans aucune concession aux ordres divins.
Un noyau d’invocateurs a été, dans un premier temps, imbibé, transformé, le cœur de chacun des compagnons s’illuminant, avant de pouvoir communiquer à « l’extérieur ». Le comportement devenant le porte-parole de la bonne nouvelle. Le support de la communication « horizontale » étant une modalité enfouie au fond des êtres, recouvertes du tissu des sens. Pour libérer cette « énergie » clairvoyante, seule en mesure de « percuter » les consciences, le Prophète nous indique la méthode purificatrice: le dhikr, répétition de la formule : La ilaha illa Allah.
L’Homme ne devient pas pour cela « plus intelligent » dans le sens moderne du terme mais plus aimant dans le sens traditionnel. Sa conscience se tourne (s’oriente) vers Dieu. Les épousailles commencent dés lors ; l’Unité, pour le moins la conscience de l’Unité, remplace progressivement la qualité « réflexive » du mental. Mental court-circuité par la fulgurance de l’Intellect directement relié à la Vérité. L’Homme goûte ainsi à l’Amour totalisant l’ensemble des vertus, la plus haute des stations spirituelles dans l’Hagiographie.
Comprenons bien que nous ne sommes pas dans le concept, mais dans un changement comportemental. Nous percevons maintenant l’inanité de cette théorie d’un Islam particularisé (par exemple « de France »). La fausseté de cette thèse repose sur une incompréhension profonde. L’extérieur procédant de l’intérieur, il y a impossibilité de conformer le sacré par rapport au profane, le moins ne peut que se résorber dans le plus. L’Islam, Universel par nature, ne peut que couler sans entraves, épousant toutes les formes qui se résorbent en lui.
Vivifié en permanence, l’Islam ne peut que rendre meilleur, au sens de sacralisé, l’individu qui devient ainsi une force positive dans son environnement, une valeur ajoutée à la société qui l’accueille. Le suc qui coule en lui se diffuse par capillarité et non par prosélytisme. Pour cela le dogme ne peut être transigé, garant de la véracité de la Révélation divine. Il en devient le cadre nécessaire non négociable. Position comprise (du latin : comprehendo, unir ou lier; comprehendere, saisir, embrasser par l’intelligence) par l’invocateur musulman au centre, dans le cœur, de sa tradition, il en devient un fruit, les règles assimilées par lui seul, il ne les imposent pas. Le croyant, Homme de foi, sera un vecteur de la pollinisation divine.
La sève coulant de son cœur imprègnera toutes formes, leur donnant un goût différent. L’Homme d’invocations n’impose rien, il est protégé du profane.
De cette analyse, il en ressort que l’Islam en France est une notion plus juste traditionnellement que l’Islam de France qui peut s’avérer être une porte ouverte à toutes les inversions.
M.p
300 , le film
Posté dans Arts et spectacles le 11 juin 2009
300 est un film américain réalisé par Zack Snyder, sorti en 2007.
En dehors de tout aspect historique, politique ou esthétique….permettons nous un point de vue traditionnel sur ce film.
Ce qui semble être une vision irréaliste, esthétisante, d’une certaine violence rabâchée par les séries télés et films actuels,dans un excès d’effets spéciaux et un choix critiquable de la mise en scène, est en fait la description d’un fait traditionnel comportemental. Cela semble avoir complètement et pratiquement échappé au réalisateur…comme fait à son insu, suggéré……
Les 300, dans ce film, ont réalisé le but ultime : l’unité en dehors de toute uniformité..rien de sentimental ou de moral dans leur attitude. Chacun des protagonistes a dépassé son égo et donc pacifié son âme pour un intérêt supérieur…C’est le processus d’un cheminant qui ,ayant maitrisé ses passions et mis au service de Dieu, atteint la liberté, pas celle toute illusoire qui permet à l’égo, « nafs » en arabe, de faire ce qui lui plait au service du monde mais bien celle qui permet au coeur de s’échapper vers les prairies de la seule réalité divine.
Ainsi pacifié, le moi se dissout. Il n’y a plus toi et moi, le nous de majesté existe. Un seul regard suffit à se comprendre, les règles de la communication des sens s’efface devant le face à face des cœurs.
Les 300 ne sont qu’Un.
Seule leur mission a de l’importance….seul le droit divin a sa place, je fais ce que Tu décides et non ce que je veux, alors les miracles s’accomplissent, peu importe la mort , qui gagne ou perd…le plan divin a ses lois que nous ne pouvons comprendre …
Chacun d’entre nous a la possibilité de parvenir à cela en unifiant son âme, en la pacifiant, combattant ses propres ennemis qui sont ….en lui. Le tassawuf par les voix et la Voie des maîtres en donne les moyens…
M.p