Articles contenant le tag culture
La modernité, religion et initiation
Posté dans Société le 22 février 2010
Face aux amalgames de plus en plus fréquents concernant la problématique « exotérisme et ésotérisme », pourtant très clairement expliquée par René Guénon, nous tenterons d’expliquer, dans une suite d’articles, la nécessite d’une compréhension profonde de la Tradition (dont l’Islam est la synthèse) dans son intégralité. Nous nous adressons aux cherchants, fuyant le prosélytisme.
Ce phénomène s’exprime différemment selon les lieux où il sévit, nous l’analyserons pour l’Europe à travers l’Islam.
Ces errements intellectuels, nous pouvons écrire égotiques car l’âme tourmentée et passionnée, nafs en arabe ou égo, se rebellera toujours devant la simplicité de la vérité, sont le fruit d’une sentimentalité, d’une imagination caractérisant notre époque. La tentation est grande de rejeter la religion et son contenu rituel et comportemental en l’opposant au cheminement initiatique dont la technique en est justement la compréhension « intime ».
L’exemple du fruit reste la meilleure illustration, la Tradition est un fruit dont l’aspect religieux est l’écorce (exotérisme), les techniques initiatiques la pulpe qui entourent un noyau (ésotérisme), véritable cœur du fruit. Pour atteindre ce cœur, le passage par l’écorce est une nécessité.
La perversion, par certains pseudo disciples ou news penseurs ou rénovateurs, des méthodes d’éducation des Maîtres véritables de notre temps qui tous, sans exceptions, insistent sur l’absolue nécessité de l’application des règles religieuses (sharia’a et Qôran), est née de la peur du « choc des civilisations », du manque de discernement également concernant les méthodes pédagogiques et d’ un besoin sectaire du pouvoir car le remplacement des règles communes connues par tous par des règles inventées par quelques uns est un moyen de s’improviser « maître » à bon compte, tentant de diriger ainsi la conscience des plus faibles parmi les cherchants.
Les Maîtres véritables se reconnaissent à l’effectivité de leur « enseignement », donc au changement profond des disciples qu’ils guident accédant à l’excellence comportementale (l’Ihsan), caractère propre au Prophète (p.s.l) dont les cheminants suivent l’exemple (sunna). les Maîtres en sont justement les héritiers reconnus par une chaîne de transmission (silsilla) attestée.
La confusion sur laquelle s’appuient les défenseurs de la culture du pays dans lequel prend racines l’Islam par l’enseignement des confréries soufies provient de la différence, de formes, flagrante entre orient et occident.
Qu’est ce que la culture ? Pour un musulman c’est l’acquisition et la mise en pratique de l’ensemble des recommandations de Dieu, révélées par le Qôran et introduite dans le monde par la « pédagogie » prophétique en son temps et vivifiées aujourd’hui par les Maîtres, actualisées dans le contexte par les savants (le savant traditionnel a suivi un cursus complet dans les sciences religieuses, il s’appuie sur l’ensemble de la communauté des savants reconnus des différentes écoles).
Nous pouvons écrire la « culture musulmane », culture sacrée, universelle.
Cette culture, d’origine divine, est le remède au point de vue profane. Elle s’adapte à tous les contextes environnementaux, le musulman ‘inuit peut continuer à manger du phoque, le français de la poule au pot et le syrien de la kefta, l’egyptien s’habiller en djellaba, l’italien en vêtements sportwears décents!
La confusion est de croire que le point de vue profane est un modèle culturel à suivre.
Les particularités de chaque pays, contrées, n’entraînent que des différences de formes entre individus. Seules les formes habitées par la pureté de l’intention débarrassée des sugestions égotiques sont vivantes, cette pureté est le résultat de l’orientation vers Dieu. Les croyants (la Tradition nous indique qu’ils ne disent pas « je crois » mais obéissent) de tous pays et de toutes époques se rejoignent dans l’unité des coeurs, pas de l’uniformité.
En conclusion de cette introduction, nous dirons que le changement comportemental ne se fait pas dans la douceur pour les âmes rebelles et très facilement pour celles assoifées qui suivent avec patience les prescriptions des Maîtres autorisés, vivificateurs de leur temps. Un d’entre eux, considéré comme un homme réalisé, à ainsi formulé aux disciples de sa tariqâ : « La Voie est mohamédienne, suivez la sharia’a, la sunna, c’est la garantie de votre réussite…. ». Le vin ésotérique ne peut être contenu que dans un flacon propre.
Faire l’amalgame entre l’exotérisme et l’ésotérisme, le profane et le sacré, la culture et la religion est une erreur, pour ne pas écrire un procédé malhonnête, qui tente d’introduire la division entre croyants. La culture de l’orient est le fruit du sacré toujours vivant, la culture de la modernité est forgée par la mort de la Tradition en occident. Même si des excès et des déviances entachent la visibilité des traces divines dans le quotidien de nos « grands frères orientaux », nous préfèrerons toujours la base de ce modèle à celui proposé par les piliers des débats culturels, « maîtres » de la culture occidentale, de la machine à diviser par l’opinion, nous entraînant hors du champs de la concentration nécessaire au dépouillement de l’âme. Les musulmans français ou indonésiens sont facilement identifiables, reconnaissables comme croyants. Davantage de points communs subsistent entre eux qu’entre un français musulman et un français athée. Les athées de tous les pays fonctionnent dans la culture mondialiste, l’uniformisation, ils sont facilement repérables… Alors, oui, nous choisissons ces jeunes de banlieue avec leurs maladresses et leur potentiel, sans oublier que l’homme est le frère de l’homme, que la patience et le respect vainquent toutes les résistances ….
M.p
A suivre …..