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L’Islam en France, un peu de douceur dans une société déshumanisée …
Posté dans Références traditionnelles le 7 janvier 2010
Chaque musulman est responsable de sa religion, devant Dieu, devant les hommes selon sa nature et sa place assignée. Sans prétendre me substituer aux savants, mon opinion aura une valeur de témoignage. Je suis français, occidental par ma naissance bien que né en Afrique du nord, musulman par choix.
Certains parlent de « conversion », je dirais mon « orientation » s’est opérée il y a quelques années déjà …
Serais-je un détraqué, masochiste ? Un faible d’esprit me retranchant derrière une communauté ? A lire les commentaires des médias, je ne peux me retrouver dans des descriptions issues de rumeurs, nourries par la crainte, la peur, le rejet ou la haine. L’ignorance, tant décriée par les journalistes ou intellectuels de tous bords, règne et impose sa loi en ce qui concerne la compréhension de l’Islam.
Cette situation dans une société « laïque », terme à définitions variables selon les circonstances, mène à des aberrations d’autant plus ennuyeuses qu’elles touchent à la capacité de compréhension dans la communauté musulmane elle même … ! Une frange des musulmans français, occidentaux, pensent en effet qu’il faut justifier notre religion par rapport à ce tissu d’erreurs … Transformant ainsi la Révélation divine en une sucrerie issue de l’imagination humaine, toute empreinte d’un affectif dommageable, vidant de son contenu la parole divine n’en laissant qu’une image déformée. Un peu comme un maquillage cachant maladroitement un visage abimé par l’outrage du temps alors que l’Islam est d’une éternelle jeunesse n’ayant besoin que de cœurs sincères pour être relayé dans ce monde.
La rigueur nécessaire à l’application, selon sa compréhension, des règles pour gouter à l’absolu est alors taxé d’ « intégrisme » ou « d’obscurantisme » de la même façon que peut l’être l’approche contraignante, manichéenne, prosélyte d’une faction intégriste de la communauté ou de certaines sectes qui se parent des couleurs de l’islam comme elles auraient pu se parer en d’autres temps des couleurs du christianisme ou du judaïsme.
Le secret réside certainement dans l’idée de « compréhension selon sa nature ». Pour comprendre et gouter aux secrets de l’Islam, une part de recherche, d’étude, d’apprentissage du dogme est requise, sans cela l’imagination remplace le savoir et l’opinion se croit connaissance. Un effort conséquent est demandé aux croyant : l’étude de sa religion. Lecture du Coran, de la Sîra, du hadith, de la biographie des compagnons, des textes de nos pieux savants, des maîtres … Ce savoir illuminera le mental. Cet étude renforcée par les obligations cultuelles : prières, jeûne, aumônes, pèlerinage à la Mecque, profession de foi et par les invocations surérogatoires deviendra vivante, sera actualisée en permanence.
D’autre part, penser que l’Islam fait peur est un non sens … Un croyant peut-il penser que Dieu fait peur ? Que le Coran fait peur ? Que le Prophète fait peur ? ……Une incompréhension, née de la confusion et de l’ignorance associées à des réactions égotiques de rejet de l’effort nécessaire à se conformer aux obligations sacrées, mène à l’inversion.
S’appliquer à l’imitation du Prophète Mohammed (p.s.l) est le processus (transmis par une chaîne ininterrompue identifiable …) qui permet de vivre au quotidien le Coran. La méthode en est prophétique : Le Prophète a invoqué avec les premiers disciples pendant 13 ans dans la maison d’Al Arkam avant d’avoir l’autorisation de divulguer le Coran. L’invocation est la clef de l’Islam. Nouveau et dernier message de Dieu, celui-ci a été enseigné avec une admirable douceur et pédagogie dans un milieux des plus hostiles et ignorants sans aucune concession aux ordres divins.
Un noyau d’invocateurs a été, dans un premier temps, imbibé, transformé, le cœur de chacun des compagnons s’illuminant, avant de pouvoir communiquer à « l’extérieur ». Le comportement devenant le porte-parole de la bonne nouvelle. Le support de la communication « horizontale » étant une modalité enfouie au fond des êtres, recouvertes du tissu des sens. Pour libérer cette « énergie » clairvoyante, seule en mesure de « percuter » les consciences, le Prophète nous indique la méthode purificatrice: le dhikr, répétition de la formule : La ilaha illa Allah.
L’Homme ne devient pas pour cela « plus intelligent » dans le sens moderne du terme mais plus aimant dans le sens traditionnel. Sa conscience se tourne (s’oriente) vers Dieu. Les épousailles commencent dés lors ; l’Unité, pour le moins la conscience de l’Unité, remplace progressivement la qualité « réflexive » du mental. Mental court-circuité par la fulgurance de l’Intellect directement relié à la Vérité. L’Homme goûte ainsi à l’Amour totalisant l’ensemble des vertus, la plus haute des stations spirituelles dans l’Hagiographie.
Comprenons bien que nous ne sommes pas dans le concept, mais dans un changement comportemental. Nous percevons maintenant l’inanité de cette théorie d’un Islam particularisé (par exemple « de France »). La fausseté de cette thèse repose sur une incompréhension profonde. L’extérieur procédant de l’intérieur, il y a impossibilité de conformer le sacré par rapport au profane, le moins ne peut que se résorber dans le plus. L’Islam, Universel par nature, ne peut que couler sans entraves, épousant toutes les formes qui se résorbent en lui.
Vivifié en permanence, l’Islam ne peut que rendre meilleur, au sens de sacralisé, l’individu qui devient ainsi une force positive dans son environnement, une valeur ajoutée à la société qui l’accueille. Le suc qui coule en lui se diffuse par capillarité et non par prosélytisme. Pour cela le dogme ne peut être transigé, garant de la véracité de la Révélation divine. Il en devient le cadre nécessaire non négociable. Position comprise (du latin : comprehendo, unir ou lier; comprehendere, saisir, embrasser par l’intelligence) par l’invocateur musulman au centre, dans le cœur, de sa tradition, il en devient un fruit, les règles assimilées par lui seul, il ne les imposent pas. Le croyant, Homme de foi, sera un vecteur de la pollinisation divine.
La sève coulant de son cœur imprègnera toutes formes, leur donnant un goût différent. L’Homme d’invocations n’impose rien, il est protégé du profane.
De cette analyse, il en ressort que l’Islam en France est une notion plus juste traditionnellement que l’Islam de France qui peut s’avérer être une porte ouverte à toutes les inversions.
M.p
300 , le film
Posté dans Arts et spectacles le 11 juin 2009
300 est un film américain réalisé par Zack Snyder, sorti en 2007.
En dehors de tout aspect historique, politique ou esthétique….permettons nous un point de vue traditionnel sur ce film.
Ce qui semble être une vision irréaliste, esthétisante, d’une certaine violence rabâchée par les séries télés et films actuels,dans un excès d’effets spéciaux et un choix critiquable de la mise en scène, est en fait la description d’un fait traditionnel comportemental. Cela semble avoir complètement et pratiquement échappé au réalisateur…comme fait à son insu, suggéré……
Les 300, dans ce film, ont réalisé le but ultime : l’unité en dehors de toute uniformité..rien de sentimental ou de moral dans leur attitude. Chacun des protagonistes a dépassé son égo et donc pacifié son âme pour un intérêt supérieur…C’est le processus d’un cheminant qui ,ayant maitrisé ses passions et mis au service de Dieu, atteint la liberté, pas celle toute illusoire qui permet à l’égo, « nafs » en arabe, de faire ce qui lui plait au service du monde mais bien celle qui permet au coeur de s’échapper vers les prairies de la seule réalité divine.
Ainsi pacifié, le moi se dissout. Il n’y a plus toi et moi, le nous de majesté existe. Un seul regard suffit à se comprendre, les règles de la communication des sens s’efface devant le face à face des cœurs.
Les 300 ne sont qu’Un.
Seule leur mission a de l’importance….seul le droit divin a sa place, je fais ce que Tu décides et non ce que je veux, alors les miracles s’accomplissent, peu importe la mort , qui gagne ou perd…le plan divin a ses lois que nous ne pouvons comprendre …
Chacun d’entre nous a la possibilité de parvenir à cela en unifiant son âme, en la pacifiant, combattant ses propres ennemis qui sont ….en lui. Le tassawuf par les voix et la Voie des maîtres en donne les moyens…
M.p
La Tradition
Posté dans Références traditionnelles le 11 juin 2009
La tradition, ce terme dont le sens originel a tellement été galvaudé par son usage dans le discours actuel, René Guénon nous réconcilie pleinement avec la dimension profonde à laquelle il renvoie. Un recours à l’étymologie(du latin traditio, tradere, de trans « à travers » et dare « donner », « faire passer à un autre, remettre ») s’avère d’ailleurs à ce titre particulièrement intéressant pour la compréhension du mot tradition comme héritage immatériel que les écrits de René Guenon ont vocation à situer sur le plan spirituel. En dénommant « tradition » ce que communément nous appelons « religion », il transcende l’ambivalence du lien auquel le terme « religion » renvoie (a la fois lien avec le divin et lien communautaire entre les hommes) pour envisager dans un même élan les formes multiples avec lesquelles Dieu a choisi de rendre possible à l’homme Sa connaissance dans la contingence que représente pour celui- ci les données de l’époque dans laquelle il vit. Abstraction faite de ces contingences, c’est donc à l’appréhension de l’unité fondamentale des traditions que nous invite René Guénon, manifestations de cette Tradition primordiale que notre père Adam a reçue comme legs de son Seigneur.
Ainsi, loin, très loin de la célébration de la survivance de pratiques ou croyances populaires, car il nous faudrait alors selon toute rigueur étymologique parler de superstition et non de tradition, c’est à la contemplation d’un dépôt sacré universel que nous sommes appelés.
N.h