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Exoterisme ..Ou «  La charia » pour « le soufisme »

Nous abordons ce sujet par un point de vue contemporain. Les différentes modes pseudos-spirituelles importées en occident moderne nous vantent les « bienfaits » du « sans forme », prônant le détachement de ces « vieilleries » sclérosantes que sont les règles du culte. Affichant un dédain de bon alois, les aficionados, à défaut d’être des disciples, de l’Union oublient qu’avant d’arriver, il faut démarrer et cheminer ….

S’ils avaient lu les écrits de S. Abd al-Wahid Yahya (René Guénon); ils sauraient qu’exotérisme et ésotérisme sont indissociables puisque ce sont les deux faces de la Tradition. S’ils l’ont lu, alors ils se méprennent sur le sens des ses propos. Ce qui est plus ennuyeux, c’est que leur « école » a de quoi plaire à beaucoup d’impétrants, nous pouvons dire que pour « recruter » ils utilisent la méthode de la publicité : séduire … En effet, quoi de plus tentant que croire être Réalisé, avoir atteint l’Union avec son Seigneur, pensant se mouvoir dans ce monde sans attaches. Arriver avant d’être partis, très infantile tout cela !

L’erreur schuonnienne a également marqué nos contemporains sur d’autres points puisque la plupart de ces « libres penseurs » confond l’Unité transcendante des formes avec un syncrétisme bien sentimental.

Nous devons réaffirmer que l’initiation au Tassawuf (soufisme) implique l’adhésion totale à l’Islam et à ses règles. « Beaucoup semble douter de la necessité, pour qui aspire à l’initiation, de se rattacher tout d’abord à une forme traditionnelle d’ordre exotérique et d’en observer toutes les prescriptions …. ». Ces propos de R.Guénon ne sont que le rappel des recommandations des Maîtres ,et notament d’un des plus grands, demandant à leurs disciples l’application de la charî’a selon leurs capacités à le faire.

« …L’existence uniquement profane, dont tout élément traditionnel est exclu, n’est réellement à cet égard que vide et néant. », la mise en oeuvre de la charî’a dans son quotidien permet d’abandonner le point de vue profane en obéissant dans chacun de ses actes à l’Ordre Divin. Même si des concessions « sont indispensables pour vivre dans ce milieu [occidental],encore faudrait il qu’elles soient réduites au strict minimum….. », il convient « …de réagir sous tous les rapports… ».

Le Shaykh dispensant les pratiques rituelles permet aux disciples de goûter à la sacralité si douce au Coeur et si pénible pour l’ego, la nafs (l’âme passionnelle). L’initiation effective nous projette dans cette sacralité dont est exclu « …un point de vue profane, qui n’est que le produit d’une dégénerescence spirituelle de l’humanité, et qui, par conséquent, est entièrement illégitime. ».

Exoterisme et esoterisme ne sont qu’UN. « …le noyau ne peut être atteint que par l’écorce ». Parvenu au noyau, « …il ne faudrait pas croire que cet exotérisme puisse être rejeté… ». Un Maître contemporain a dit : « ….Si vous me voyez ne pas appliquer la charia, fuyez …. ».

La clef de cette adéquation est pourtant simple. Le rattachement au Shaykh permet de « transformer » la charîa « ..dans une mesure correspondant au degré (station ou maqam) atteint par l’initié, puisque celui ci devient de plus en plus apte à en comprendre les raisons profondes, et que, par suite, ses formules doctrinales et ses rites prennent pour lui une signification beaucoup plus réellement importante que celle qu’elles peuvent avoir pour le simple exotériste, qui en somme est toujours réduit, par définition même, à n’en voir que l’apparence extérieure, c’est à dire ce qui compte le moins quant à la « vérité » de la tradition envisagée dans son intégralité. ».

La difficulté dans nos sociétés modernes où toutes traces de la tradition a disparu dans le quotidien est d’appliquer ce comportement dont nous ‘imprègne l’Islam malgré « ….les anomalies inhérentes aux conditions de notre époque… », l’abandon des habitudes profanes que certains nomment « culture occidentale » est requis pour passer de l’initiation virtuelle à l’initiation effective.

Atteindre l’Ihsan, le comportement noble, est à ce prix pour espérer se joindre à Lui. « Vous avez dans le Messager de Dieu un modèle excellent pour celui qui aspire à Dieu et au Jour dernier et qui invoque Dieu abondamment » nous dit Dieu dans Sa Révélation. Or le Messager de Dieu était la charî’a vivante …

M.p

Les passages en italique sont extraits de « Initiation et Réalisation Spirituelle » de René Guénon. Ch.VII, édit.Traditionnelles.

La dernière phrase en gras est le verset 21 de la sourate 33 du Qôran.

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Le Règne de la quantité et le signe des temps

Dans son livre «Le Règne de la quantité et les signes des temps », René Guénon se livre à l’analyse et à la critique de la modernité, de façon méthodique, se plaçant résolument au point de vue traditionnel.

Le ton est donné dès la première page où il qualifie d’amblée, la ‘modernité’ d’anomalie et même de ‘monstruosité’ : «si le monde moderne, considéré en lui-même, constitue une anomalie et même une sorte de monstruosité, il n’en est pas moins vrai que, situé dans l’ensemble du cycle historique dont il fait partie, il correspond exactement aux conditions d’une certaine phase de ce cycle, sa période extrême… »

En face de la modernité, les gens se positionnent selon trois tendances. Il y a d’abord «ceux qui s’obstinent à admirer le prétendu progrès et à s’illusionner sur son aboutissement fatal » ; puis «ceux qui jugent les erreurs et les insuffisances propres à la mentalité de notre époque mais ne font que proposer des remèdes incapables d’enrayer le désordre croissant dans tous les domaines»; enfin ceux, forcement peu nombreux, qui sont en mesure de voir la modernité telle qu’elle est réellement. Ils remplissent pour cela les conditions nécessaires, dont la première est de connaître les Principes traditionnels. La deuxième condition est d’être imperméable à l’influence de la modernité car « pour saisir la vrai signification du monde moderne, il faut être entièrement dégagé de la mentalité qui le caractérise spécialement et n’en être affecté à aucun degré… » C’est à cette catégorie de gens que René Guénon dit s’adresser, les seuls dit-il à pouvoir comprendre son message, en considérant qu’ils sont destinés à préparer l’avènement de la nouvelle humanité.

Pour comprendre en fait les écrits de René Guénon il faut connaître d’abord ce qu’il entend par la «doctrine traditionnelle », c’est là son point de départ, de référence et d’ancrage. L’ensemble de son œuvre est guidé par deux objectifs complémentaires : Le premier consiste à reconstituer «la Tradition universelle» et sa doctrine, alors que le second est de suivre les conséquences de la rupture entre la Tradition et le monde moderne. C’est là les deux volets de son œuvre et l’on peut dire que le second est une application actuelle du premier : Il s’agit de saisir ce moment de ‘déviation’ – intervenant d’abord dans son milieu occidental-, de séparation entre science sacrée et science profane ; le moment de dégradation et de dissolution de la tradition et de suivre ces différentes étapes.

Pour reconstituer la ‘doctrine traditionnelle’, universelle par nature, il va chercher ses fragments dans des horizons lointains, en Inde et en Chine en particulier, et dans les profondeurs de l’histoire, remontant aux traditions polaire ( ou hyperboréenne), atlantéenne, etc. sans oublier bien sûr les  traditions juive et chrétienne.

Apres ce travail énorme de reconstitution de la «tradition universelle», nous voulons évidemment savoir à quel résultat ces recherches ont aboutit ! Quelle est donc cette «doctrine traditionnelle» à laquelle l’auteur a consacré sa vie?

Il est fort intéressant de noter que René Guénon, tout en faisant minutieusement cette reconstitution, était conscient que cette doctrine qu’il reconstitue n’est autre, dans ses grandes lignes, que la ‘doctrine islamique’, la considérant par là comme la ‘synthèse’ et ‘le renouvellement de la tradition universelle’.

C’est ainsi qu’en suivant la pensée de René Guénon et ses développements, nous prenons connaissance de la tradition universelle et, par la même occasion, nous retrouvons la «doctrine islamique», reformulée, renouvelée.

En ce qui concerne le deuxième volet de son œuvre, c’est-à-dire le divorce survenu en Occident entre la tradition et la ‘modernité’, René Guénon lui consacre son livre «Le Règne de la quantité et les signes des temps»

Qualité et quantité

Pour ce qui est d’abord du choix du titre de son livre, l’auteur écrit : « parmi les traits caractéristiques de la mentalité moderne, nous prendrons d’abord, comme point central, la tendance à réduire au seul point de vue quantitatif, tendance si marquée dans les conceptions ‘scientistes’ de ces derniers siècles… »

Cette tendance de réduction au quantitatif n’est autre en définitif, que celle qui mène au terme même de la descente qui s’effectue d’une façon accélérée à la fin d’un cycle « cette descente n’est en somme que l’éloignement graduel du Principe… le point le plus bas revêt l’aspect de la quantité dépourvue de toute distinction qualitative ».

La modernité est vue ainsi comme ‘une dégradation’, un éloignement de la ‘qualité’, et tend vers la déchéance, le règne de la quantité. «Ce que la majorité des hommes actuels célèbrent comme un « progrès », nous parait tout au contraire comme une profonde déchéance, ce ne sont que les effets du mouvement de chute, sans cesse accéléré, qui entraînent l’humanité vers les « bas-fonds » où règne la quantité pure »

René Guénon va démontrer, le long de son livre, comment cette ‘dégradation’ – dégradation des conceptions que l’homme se fait de lui-même et du monde – touche tous les domaines et il va illustrer cela par une multitude d’exemples.

Sciences sacrées et sciences profanes

René Guénon cite, dans ce domaine, deux exemples empruntés des sciences et des mathématiques : Dans la science traditionnelle des nombres et la ‘géométrie sacrée’ les chiffres et les formes géométriques traduisent essentiellement des réalités d’ordre supérieur. Ils ont subi, avec la science profane, une coupure avec le Principe et une ‘descente’ pour n’être que des entités quantitatives, dépourvues de toute qualité (métaphysique) »

«Les philosophes et les savants profanes s’enferment dans des conceptions étroitement limités, des «systèmes » qui, au fond, ne traduisent que l’insuffisance des mentalités individuelles, livrées à elles-mêmes » . «Un savant, au sens actuel de ce mot, même s’il ne fait pas profession de matérialisme, en sera fortement influencé, toute son éducation spéciale est dirigée dans ce sens ; et même s’il croit n’être pas dénué d’«esprit religieux », il trouvera le moyen de séparer sa religion de son activité scientifique de sorte que son œuvre ne se distinguera en rien de celle du plus avéré matérialiste et qu’ainsi il jouera son rôle dans la construction progressive de la science la plus exclusivement quantitative et la plus grossièrement matérialiste… »

La modernité a réussi à utiliser ainsi à son profit «ceux qui devraient être logiquement ses adversaires si la déviation de la mentalité moderne n’avait formé des êtres pleins de contradictions et incapables même de s’en apercevoir…. Tous les hommes en arrivent pratiquement à penser et à agir de la même façon… Et c’est ainsi qu’un homme qui se déclare chrétien se comporte en fait comme s’il n’y avait aucune réalité en dehors de la seule existence corporelle, et un prêtre qui fait de la science ne diffère pas d’un universitaire matérialiste… »

Le divorce entre tradition et modernité touche évidemment tous les domaines et nous aurons l’occasion de revenir sur certains de ses aspects, mais il nous faut, avec René Guénon, partir du point de vue doctrinal.

L’Unité et la doctrine de René Guénon

René Guénon, distingue donc deux pôles, celui de la quantité et celui de la qualité. Poussant le soin de définir les concepts dans toute leur étendue, l’auteur fait correspondre au couple qualité/quantité une multitude de désignations provenant parfois de diverses traditions. Mais pour l’essentiel retenons les correspondances entre « qualité/quantité » et « Essence/substance », « Unité/multiplicité» et «forme/matière ».

Il figure cela d’une façon schématique sous forme d’un triangle, le sommet représente la ‘qualité’ alors que la base symbolise la ‘quantité’. Il met en particulier la ‘qualité’ en relation avec ‘l’unité’.

L’Unité, c’est là en fait le point d’ancrage du raisonnement de René Guénon et ce qu’il considère comme l’essence de la Tradition universelle. Et c’est là également le ‘tawhid’ de l’Islam, le plus important des principes de la ‘doctrine islamique’.

René Guénon définit l’Unité en tant que «Unité principielle qui contient synthétiquement en elle-même toutes les déterminations qualitatives des possibilités ; elle en est le pôle essentiel »

Si ce premier Principe est en rapport avec le Divin, en tant que Réalité unique, l’origine, la finalité et la référence de toute chose, le deuxième Principe concerne spécifiquement ‘l’humain’ :

«L’homme écarté de son centre original se retrouve enfermé dans la sphère temporelle, il ne peut plus rejoindre le point unique d’où toutes les choses sont contemplées sous l’aspect de l’Eternité »

L’homme joue un rôle essentiel, sa conscience varie entre le niveau de l’éternité, du divin et celui du temporel, du monde illusoire tributaire des sens. D’où l’importance primordiale de l’être humain en tant qu’intermédiaire entre les différents niveaux de l’existence.

Ces deux Principes sont exprimés dans le credo islamique par la formule de l’Unité «la ilah illa Allah » suivie de la formule de relation homme / Dieu «Mohamed rassoul Allah ».

Apres le Principe de L’Unité et celui du rôle polaire de l’homme, nous passons au troisième Principe, lequel concerne la multiplicité. René Guenon explique que « La multiplicité principielle est contenue dans l’Unité métaphysique, c’est une multiplicité qualitative et non pas quantitative, c’est « l’ensemble des qualités ou des attributs qui constituent l’essence des êtres et des choses »

C’est ainsi que le troisième Principe concerne les attributs divins qui régissent le dynamisme du passage de l’Unité à la multiplicité, selon des lois divines.

Bien que René Guénon évoque souvent la question de la connaissance entre ‘le sacré’ et le ‘profane’, il affirme qu’« il n’existe pas réellement de domaine profane mais seulement un point de vue profane qui se fait de plus en plus envahissant jusqu’à englober finalement l’existence humaine toute entière »

Cela peut être considéré comme le quatrième Principe de la doctrine universelle : Tout chose est reliée à l’Unité – à travers les attributs divins – Unité qui est son origine, sa raison d’être et sa finalité. Même lorsqu’un homme croit être athée, c’est-à-dire coupé du Principe divin, la moindre chose de ce monde avec lequel il a affaire est reliée à Unité, depuis les rayons du soleil dont dépend sa vie jusqu’aux  cellules qui composent son corps.

Récapitulons maintenant les principaux principes de la ‘doctrine traditionnelle’, selon René Guénon. Exprimés en concepts islamiques cela donne. Le premier est ‘l’Unité’ (Taouhid), le deuxième concerne ‘rissala’ la relation spéciale entre Dieu et l’homme, le troisième concerne les attributs divins qui régissent la multiplicité, le quatrième concept (exprimé par le ‘tasbih’ en terme islamique) concerne le ‘lien’, multiple par ses formes et unique par sa finalité, entre Dieu et la multiplicité de la création. Il exprime la dépendance de chaque chose, pour sa vie même, au divin, et sa façon, qui lui est propre, d’exprimer ce ‘lien’.

Apres ces indications concernant le volet doctrinal de René Guénon, nous pouvons mieux comprendre sa vision de la modernité.

Conséquences de la coupure avec l’Unité

L’auteur considère cette coupure en trois étapes successives : D’abord la ‘dégradation’ (l’éloignement de l’unité), puis la ‘déchéance’ (la perte de vue de l’unité), et finalement la ‘déviance’ : « la modernité est une dégradation et une déviance qui va vers la déchéance, c’est une ‘anomalie’ et même une ‘monstruosité’ ».

La ‘déviance’ est ce point extrême lorsqu’il s’y opère une inversion des valeurs, ce qui était le plus bas est alors considéré comme une ‘valeur’ suprême. C’est ainsi que l’individualité et ‘l’uniformité’, sorte de fausse ‘Unité’ a remplacé, dans l’échelle des vertus la vrai Unité.

Les concepts ont subi ce double phénomène de dégradation et de déviance. Exemple le terme ‘matière’. A l’origine, la notion ‘materia’ dans la culture scolastique était en rapport avec la ‘mère’ , la ‘matrice’, le principe maternel. Cette notion est perdue de vue et le mot matière renvoi aujourd’hui à la notion de ‘matière dite inerte’ puis à la ‘réalité palpable’. D’autres concepts peuvent être cités dans ce registre comme les mots culture, intellectuel, héro, etc. tous d’ailleurs d’origine religieuse.

Plus que les concepts, les activités humaines ont subi ce phénomène de dégradation et de déviance autrement plus grave et parfois d’une façon dramatique :

La notion de ‘métier’, du travail qui s’inscrit dans l’optique de relier le travailleur à son essentialité, a été remplacée par celle de ‘l’industrie’, une activité où l’homme devient ‘mécanique’, dépendant dans son quotidien et même dans sa mentalité de la ‘logique’ des machines : la standardisation, la productivité, etc. .

La notion de ‘culture’, mot qui vient du terme ‘culte’ avait une signification en rapport avec une activité religieuse comportant des aspects cognitifs, rituels et éducatifs. Elle s’est dégradée d’abord pour ne designer que ‘la culture profane’ puis déviée pour être utilisée comme une sorte de ‘valeur’, plus exactement une ‘contre-valeur’ pour contrer toute aspiration spirituelle.

L’on peut citer également le terme ‘d’intellectuels’ qui désignaient des personnes ayant un haut niveau spirituel. On l’utilise actuellement pour designer des ‘penseurs libres’ n’ayant avec la spiritualité aucun engagement et aucun niveau ; c’est avec une ironie amère que René Guenon dit à leur sujet «ce phénomène actuel où des gens se considèrent comme ‘libres penseurs’ alors qu’ils sont des esclaves de tous les préjugées de l’époque » ; à quoi il faudrait ajouter : «Et qui ne font, avec des discours souvent bien prétentieux, qu’extérioriser, en public, leurs complexes et autres maladies psychiques.

L’activité artistique est un autre exemple significatif évoqué par l’auteur : «Tout art, à ses origines, est essentiellement symbolique et rituel, ce n’est que par une dégénérescence récente qu’il a perdu ce caractère sacré pour devenir finalement le «jeu» purement profane auquel il se réduit chez nos contemporains»

Genèse de la modernité

René Guénon décrit la genèse de la modernité et reconstitue ses différentes étapes : La genèse de la modernité a commencé, avec la réforme protestante qui, selon l’auteur constitue une dégradation de la ‘doctrine religieuse’. Vient ensuite le rationalisme qui a limité le champ de conscience humaine à la raison, puis la mécanisation et enfin le matérialisme. «Si le rationalisme a coupé la ‘Réalité’ en deux, étudiant l’aspect matériel apparent et excluant l’autre partie, la ‘mécanisation’ a nié jusqu’à l’existence de cette partie non manifestée, puis avec le ‘matérialisme’, on est passé au stade de considérer la partie ‘matérielle’ apparente comme la Réalité dans son ensemble ».

La réforme protestante

René Guénon considère la réforme protestante comme ‘une intervention humaine’, en rupture avec la tradition qui, normalement est d’origine supra humaine. Cette réforme a entraîné un amoindrissement de la Religion en Europe. Au lieu de religion on est passé à une sorte de ‘religiosité’, un phénomène où sentimentalisme et moralisme l’emportent sur la doctrine et l’activité rituelle.

René Guénon rejette catégoriquement l’idée de ‘réforme de la religion’, chère à beaucoup de nos contemporains car, explique-t-il: «Toute tradition contient dés son origine la doctrine toute entière, comprenant la totalité des développements et des adaptations qui pourront en procéder dans la suite des temps, ainsi que celle des applications auxquelles elle peut donner lieu dans tous les domaines. Aussi les interventions purement humaines ne peuvent-elles que la restreindre et l’amoindrir, sinon la dénaturer tout à fait…. » *

« les théories modernes veulent réduire la religion à un fait purement humain, refusant ce qui en constitue l’essence même ; ils la ramène à deux types, l’un ‘psychologique’ et l’autre ‘sociologique’ »

René Guénon met en garde contre les dangers de la généralisation de la décadence religieuse au reste du monde « La décadence de la doctrine religieuse en Occident, et la perte de l’ésotérisme correspondant montre assez quel peut être l’aboutissement si cela se généralise jusqu’en Orient ; il y a là un danger extrêmement grave »

Rationalisme

La ‘décadence de la doctrine religieuse’ a laissé la place – à la seconde étape du le processus de ‘dégradation’, – à l’émergence du ‘Rationalisme’. Descartes a considéré la raison comme la seule faculté de l’homme digne d’intérêt ; excluant par là, tout ce qui n’entre pas sous l’analyse rationaliste, du champ d’intérêt de la science et de la philosophie.

Le rationalisme est, selon René Guénon, la négation de tout principe supérieur. Il entraîne l’usage exclusif de cette raison devenue aveugle, dés lors qu’elle s’est ainsi coupée de l’intellect transcendantale dont normalement elle ne peut que réfléchir la lumière au niveau individuel… la raison ne peut alors que tendre vers le bas et s’enfoncer de plus en plus dans le matérialisme… elle perd peu à peu jusqu’à l’idée même de la Vérité et ne recherche plus que sa commodité…

René Guénon énonce là un autre principe de la ‘doctrine traditionnelle’ qu’il développe ailleurs, il s’agit des états multiples de l’être : une conscience supérieur (âme, cœur) relié à la Transcendance et une conscience inférieure, la ‘raison’ qui ne fait et ne peut faire que réfléchir la lumière de la conscience supérieure comme la lune qui ne fait que réfléchir les rayons du soleil.

La ‘mécanisation’.

Le rationalisme a engendré un phénomène que René Guénon désigne par ‘mécanisation’ : si le rationalisme a coupé la ‘Réalité’ en deux, étudiant l’aspect matériel apparent et excluant l’autre partie, la ‘mécanisation’ a nié jusqu’à l’existence de cette partie non manifestée.

La mécanisation est caractérisée à la fois par le changement artificiel de l’environnement de l’homme et par sa propre mentalité ; à ‘la coagulation des mentalités’ répond la ‘solidification du monde’ dans une sorte d’inter influence entre la conscience de l’homme et l’état du cosmos, des interactions incessantes entre la mentalité humaine et les différents aspects du monde de la manifestation.

Des influences de la ‘mécanisations’ sur la mentalité des gens, l’auteur cite cette tendance où ‘tout est compté, enregistré et réglementé’, le tout avec des interventions administratives dans toutes les circonstances de la vie ; tout devrait être standardisé et contrôlé ; comme si une ‘volonté’ veut maîtriser artificiellement la vie même des gens.

La solidification du monde se manifeste par la multiplication des constructions, de sorte qu’on se retrouve toujours enfermés dans des cubes (maison, chambre, bureau, café, super marché, etc.) et la généralisation des machines. L’homme est pris alternativement, en tenaille, entre l’emprisonnement dans des cubes et la soumission forcée à la loi de la machine. Un homme, même des plus privilégiés, passe des cubes de sa demeure au cube qu’est son bureau en subissant, en cours de route, dans le cube qu’est sa voiture, les embouteillages de la circulation et les arrêts obligatoires dans les feux rouges.

La mécanisation se manifeste également par l’importance prise par le règne minéral. René Guénon attire l’attention sur certains dangers particuliers. En ce qui concerne la métallurgie, les activités minières risquent de déchaîner «les forces inférieures de ce que toute les traditions considèrent comme ‘les gardiens des trésors souterrains’ et les ‘forgerons du feu souterrain’». A quoi s’ajoutent les fouilles archéologiques. René Guénon fait remarquer que des agglomérations enfouies, ayant étés des centres initiatiques, sont devenues des réceptacles d’influences obscures, en rapport avec le psychisme humain et l’ordre cosmique. Ces influences maléfiques risquent d’être libérées par les fouilles et remontant à la surface de la terre, provoquer des effets néfastes.

Le matérialisme

Avec le ‘matérialisme’, dernière étape de cette dégradation, on arrive au point de considérer la partie ‘matérielle’ apparente comme la Réalité dans son ensemble.

Apres la décadence de la doctrine religieuse en Occident, la limitation du champ de la conscience humaine à la ‘raison’, puis sa dégradation et sa déformation, engendrées successivement par le rationalisme et la mécanisation, l’étape matérialiste va accentuer ces anomalies.

René Guenon décrit cette étape et ses tendances, ‘d’uniformité’, de ‘vulgarisation’, de ‘falsification’ et même de ‘subversion’ «Dans la civilisation moderne tout apparaît comme artificiel, dénaturé et falsifié… »

L’Uniformité. Au lieu du principe de l’Unité, la modernité cherche à imposer ‘l’uniformité’.

L’uniformité n’est jamais réalisable en fait mais tous les efforts faits pour la réaliser dans le domaine humain ne peuvent avoir pour résultat que de dépouiller plus ou moins complètement les êtres de leurs qualités propres et ainsi de faire d’eux quelque chose qui ressemble à des machines… c’est bien à cela que tendent les conceptions « démocratiques » et « égalitaires » pour lesquelles tous les individus sont équivalents entre eux ; cette « égalité qui est un des « idéaux » à rebours du monde moderne et au nom de laquelle on veut imposer à tous une éducation uniforme avec un « nivellement par le bas », est une chose dont la nature n’offre aucun exemple .

La vulgarisation: la « vulgarisation », ou cette prétention de tout mettre « à la portée de tout le monde » est une des conséquences des conceptions démocratiques. Elle est particulièrement significative pour dépeindre la mentalité moderniste, mais elle ne peut aboutir qu’à un nivellement par le bas : la qualité est sacrifiée à la quantité.

La subversion. De la ‘déviation’ à la ‘subversion’ : «L’action anti-traditionnelle, par laquelle a été en quelque sorte ‘fabriqué’ le monde moderne constitue une déviation par rapport à l’état normal, celui de toute civilisation traditionnelle. La déviation s’opère d’une façon graduelle et comme insensiblement (du rationalisme … au matérialisme) mais quand elle arrive à son terme, elle aboutit à un renversement, à un état diamétralement opposé à l’ordre normal ; c’est une subversion suivant le sens étymologique de ce mot.

Des signes visibles de cette ‘subversion’ cette tendance de ‘contrefaçon’ et de ‘parodie’ du monde moderne actuel.

René Guénon met en cause l’enseignement moderne et condamne la généralisation de la modernité au reste du monde :

« L’instruction profane ne représente en somme aucune connaissance au véritable sens de ce mot ; mais à part son insignifiance et son inefficacité, ce qui la rend réellement néfaste c’est qu’elle tend à nier tout ce qui la dépasse et qu’ainsi elle étouffe toutes les possibilités se rapportant à un domaine plus élevé »

« L’Occident ne se contente pas d’imposer chez lui un tel genre d’éducation ; il veut l’imposer également aux autres avec ses habitudes mentales et la diffusion des produits de son industrie afin « d’uniformise » le monde entier »

La mentalité moderne

Toutes ces anomalies se répercutent sur la ‘mentalité moderne’ à laquelle René Guénon réserve plusieurs passages de son livre :

L’attitude matérialiste apporte dans la constitution psychologique de l’être humain une modification importante et il n’y a qu’à regarder autour de soi pour constater que l’homme moderne est devenu imperméable à toute influence qui ne tombe pas sous ses sens ; non seulement ses facultés de compréhension deviennent de plus en plus bornées, mais le champ même de sa perception s’est également restreint.

Les profanes et tous ceux qui sont affectés de l’esprit moderne nient tout ce qui les dépasse car toutes leurs études et toutes leurs recherches, entreprises à partir d’un point de vue faux et borné, ne peuvent aboutir qu’a la négation de tout ce qui n’est pas inclus dans ce point de vue. Ils sont en plus tellement persuadés de leur « supériorité » qu’ils ne peuvent admettre l’existence ou la possibilité de quoi que ce soit qui échappe à leurs investigations.

Dans la civilisation moderne tout apparaît comme artificiel, dénaturé et falsifié ce qui entraîne forcement que la mentalité moderne, elle aussi, est fabriquée. La falsification du langage, l’emploi abusif de certains mots détournés de leur véritable sens, emploi imposé par suggestion constante de la part de ceux qui exercent de l’influence sur la mentalité publique.

– « la mentalité moderne n’est que le produit d’une vaste suggestion collective qui s’exerce depuis des siècles » . « Au degré de confusion où est parvenu la majorité de nos contemporains, les associations de mots les plus contradictoires n’ont rien qui puisse les faire reculer, ni même leur donner simplement à réfléchir »

Le poste modernisme

Ces écrits de René Guénon qui datent des années 1940, se révèlent finalement tout à fait d’actualité. Il semble qu’il a prévu l’évolution de la modernité et sa destinée, l’ayant bien positionnée dans la marche de l’histoire selon sa logique cyclique. Il a prévu également son dénouement et ce qui va être désigné comme le ‘postmodernisme’.

Le rationalisme a bien été dépassé et l’idéal matérialisme remis en question, ce qui a laissé le champ libre à toute une mouvance anti-matérialiste et une effervescence des tendances les plus irrationnelles. La ‘volonté’ qui misait sur la ‘solidification du monde’, sur un monde occidental sous forme d’une forteresse maîtrisée, où règnent l’ordre, la sécurité et le confort, s’est effritée, se diluant dans les multiples tendances du postmodernisme.

René Guénon l’a bien prévu : «Cette sécurité de la ‘vie ordinaire’, sur laquelle a reposé jusqu’ici toute l’organisation extérieure du monde moderne, risque fort d’être troublée par des interférences inattendues ». Mais pour lui, cela correspond aux signes des temps, parmi lesquels il empreinte certains du Coran, la muraille des Magog ( yajouj et majouj) entre autres et se réfère à la sourate de la caverne pour ce qui des fissures de cette ‘muraille’, qu’il identifie à la ‘forteresse’ que nous venons d’évoquer. La grande muraille de protection a été obturé par le haut ce qui bloque les influences supérieurs, et des fissures se produisent dans la muraille ce qui va déchaîner les forces sataniques sur l’humanité.

René Guénon emprunte d’autres ‘signes des temps’ de la Bible, comme l’anti-christ ou ‘le numéro de la bête’, mais également de la souna, évoquant le ‘Massih dajal’, le Messie menteur. Mais c’est là un domaine qui a besoin d’un développement à part…

Nous allons clôturer ce chapitre par les paroles avec lesquelles René Guenon a clôturé son livre «le Roi du monde» :

‘Dans les circonstances au milieu desquelles nous vivons présentement, les événements se déroulent avec une telle rapidité que beaucoup de choses dont les raisons n’apparaissent pas encore immédiatement pourraient bien trouver, et plus tôt qu’on ne serait tenté de le croire, des applications assez imprévues, sinon tout à fait imprévisibles… Nous tenons à citer ici, pour terminer, cette phrase de Joseph de Maistre : «Il nous faut nous tenir prêts pour un événement immense dans l’ordre divin, vers lequel nous marchons avec une vitesse accélérée qui doit frapper tous les observateurs. Des oracles redoutables annoncent déjà que les temps sont arrivés»’

BR-ER

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L’Islam en France, un peu de douceur dans une société déshumanisée …

Chaque musulman est responsable de sa religion, devant Dieu, devant les hommes selon sa nature et sa place assignée. Sans prétendre me substituer aux savants, mon opinion aura une valeur de témoignage. Je suis français, occidental par ma naissance bien que né en Afrique du nord, musulman par choix.

Certains parlent de « conversion », je dirais mon « orientation » s’est opérée il y a quelques années déjà …

Serais-je un détraqué, masochiste ? Un faible d’esprit me retranchant derrière une communauté ? A lire les commentaires des médias, je ne peux  me retrouver dans des descriptions issues de rumeurs, nourries par la crainte, la peur, le rejet ou la haine. L’ignorance, tant décriée par les  journalistes ou intellectuels de tous bords, règne et impose sa loi en ce qui concerne la compréhension de l’Islam.

Cette situation dans une société « laïque », terme à définitions variables selon les circonstances, mène à des aberrations d’autant plus ennuyeuses qu’elles touchent à la capacité de compréhension dans la communauté musulmane elle même … !  Une frange des musulmans français, occidentaux, pensent en effet qu’il faut justifier notre religion par rapport à ce tissu d’erreurs … Transformant ainsi la Révélation divine en une sucrerie issue de l’imagination humaine, toute empreinte d’un affectif dommageable, vidant de son contenu la parole divine n’en laissant qu’une image déformée. Un peu comme un maquillage cachant maladroitement un visage abimé par l’outrage du temps alors que l’Islam est d’une éternelle jeunesse n’ayant besoin que de cœurs sincères pour  être relayé dans ce monde.

La rigueur nécessaire à l’application, selon sa compréhension, des règles pour gouter à l’absolu est alors taxé d’ « intégrisme » ou « d’obscurantisme » de la même façon que peut l’être l’approche contraignante, manichéenne, prosélyte d’une faction intégriste de la communauté ou de certaines sectes qui se parent des couleurs de l’islam comme elles auraient pu se parer en d’autres temps des couleurs du christianisme ou du judaïsme.

Le secret réside certainement dans l’idée de « compréhension selon sa nature ». Pour comprendre et gouter aux secrets de l’Islam, une part de recherche, d’étude, d’apprentissage du dogme est requise, sans cela l’imagination remplace le savoir et l’opinion se croit connaissance. Un effort conséquent est demandé aux croyant : l’étude de sa religion. Lecture du Coran, de la Sîra, du hadith, de la biographie des compagnons, des textes de nos pieux savants, des maîtres … Ce savoir illuminera le mental. Cet étude renforcée par les obligations cultuelles : prières, jeûne, aumônes, pèlerinage à la Mecque, profession de foi et par les invocations surérogatoires deviendra vivante, sera actualisée en permanence.

D’autre part, penser que l’Islam fait peur est un non sens … Un croyant peut-il penser que Dieu fait peur ? Que le Coran fait peur ? Que le Prophète fait peur ? ……Une incompréhension, née de la confusion et de l’ignorance associées à des réactions égotiques de rejet de l’effort nécessaire à se conformer aux obligations sacrées, mène à l’inversion.

S’appliquer à l’imitation du Prophète Mohammed (p.s.l) est le processus (transmis par une chaîne ininterrompue identifiable …) qui permet de vivre au quotidien le Coran. La méthode en est prophétique : Le Prophète a invoqué avec les premiers disciples pendant 13 ans dans la maison d’Al Arkam avant d’avoir l’autorisation de divulguer le Coran. L’invocation est la clef de l’Islam. Nouveau et dernier message de Dieu, celui-ci a été enseigné avec une admirable douceur et pédagogie dans un milieux des plus hostiles et ignorants sans aucune concession aux ordres divins.

Un noyau d’invocateurs a été, dans un premier temps, imbibé, transformé, le cœur de  chacun des compagnons s’illuminant, avant de pouvoir communiquer à « l’extérieur ». Le comportement devenant le porte-parole de la bonne nouvelle. Le support de la communication « horizontale » étant une modalité enfouie au fond des êtres, recouvertes du tissu des sens. Pour libérer cette « énergie » clairvoyante, seule en mesure de « percuter » les consciences, le Prophète nous indique la méthode purificatrice: le dhikr, répétition de la formule : La ilaha illa Allah.

L’Homme ne devient pas pour cela « plus intelligent » dans le sens moderne du terme mais plus aimant dans le sens traditionnel. Sa conscience se tourne (s’oriente) vers Dieu. Les épousailles commencent dés lors ; l’Unité, pour le moins la conscience de l’Unité, remplace progressivement la qualité « réflexive » du mental. Mental court-circuité par la fulgurance de l’Intellect directement relié à la Vérité. L’Homme goûte ainsi à l’Amour totalisant l’ensemble des vertus, la plus haute des stations spirituelles dans l’Hagiographie.

Comprenons bien que nous ne sommes pas dans le concept, mais dans un changement comportemental. Nous percevons maintenant l’inanité de cette théorie d’un Islam particularisé (par exemple « de France »). La fausseté de cette thèse repose sur une incompréhension profonde. L’extérieur procédant de l’intérieur, il y a impossibilité de conformer le sacré par rapport au profane, le moins ne peut que se résorber dans le plus. L’Islam, Universel par nature, ne peut que couler sans entraves, épousant toutes les formes qui se résorbent en lui.

Vivifié en permanence, l’Islam ne peut que rendre meilleur, au sens de sacralisé, l’individu qui devient ainsi une force positive dans son environnement, une valeur ajoutée à la société qui l’accueille. Le suc qui coule en lui se diffuse par capillarité et non par prosélytisme. Pour cela le dogme ne peut être transigé, garant de la véracité de la Révélation divine. Il en devient le cadre  nécessaire non négociable. Position comprise (du latin : comprehendo, unir ou lier; comprehendere, saisir, embrasser par l’intelligence) par l’invocateur musulman au centre, dans le cœur, de sa tradition, il en devient un fruit, les règles assimilées par lui seul, il ne les imposent pas. Le croyant, Homme de foi, sera un vecteur de la pollinisation divine.

La sève coulant de son cœur  imprègnera toutes formes, leur donnant un goût différent. L’Homme d’invocations n’impose rien, il est protégé du profane.

De  cette analyse, il en ressort que l’Islam en France est une notion plus juste traditionnellement que l’Islam de France qui peut s’avérer être une porte ouverte à toutes les inversions.

M.p

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300 , le film

300 est un film américain réalisé par Zack Snyder, sorti en 2007.

En dehors de tout aspect historique, politique ou esthétique….permettons nous un point de vue  traditionnel sur ce film.
Ce qui semble être une vision irréaliste, esthétisante, d’une certaine violence rabâchée par les séries télés et films actuels,dans un excès d’effets spéciaux et un choix critiquable de la mise en scène, est en fait la description d’un fait traditionnel comportemental. Cela semble avoir complètement et pratiquement échappé au réalisateur…comme fait à son insu, suggéré……
Les 300, dans ce film, ont réalisé le but ultime : l’unité en dehors de toute uniformité..rien de sentimental ou de moral dans leur attitude. Chacun des protagonistes a dépassé son égo et donc pacifié son âme pour un intérêt supérieur…C’est le processus d’un cheminant qui ,ayant maitrisé ses passions et mis au service de Dieu,  atteint la liberté, pas celle toute illusoire qui permet à l’égo, « nafs » en arabe, de faire ce qui lui plait au service du monde mais bien celle qui permet au coeur de s’échapper vers les prairies de la seule réalité divine.
Ainsi pacifié, le moi se dissout. Il n’y a plus toi et moi, le nous de majesté existe. Un seul regard suffit à se comprendre, les règles de la communication des sens s’efface devant le face à face des cœurs.

Les 300 ne sont qu’Un.

Seule leur mission a de l’importance….seul le droit divin a  sa place, je fais ce que Tu décides et non ce que je veux, alors les miracles s’accomplissent, peu importe la mort , qui gagne ou perd…le plan divin a ses lois que nous ne pouvons comprendre …

Chacun d’entre nous a la possibilité de parvenir à cela en unifiant son âme, en la pacifiant, combattant ses propres ennemis qui sont ….en lui. Le tassawuf par les voix et la Voie des maîtres en donne les moyens…

M.p

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La Tradition

La tradition, ce terme dont le sens originel a tellement été galvaudé par son usage dans le discours actuel, René Guénon nous réconcilie pleinement avec la dimension profonde à laquelle il renvoie. Un recours à l’étymologie(du latin traditio, tradere, de trans « à travers » et dare « donner », « faire passer à un autre, remettre ») s’avère d’ailleurs à ce titre particulièrement intéressant  pour la compréhension du mot tradition comme héritage immatériel que les écrits de René Guenon ont vocation à situer sur le plan spirituel. En dénommant « tradition » ce que communément nous appelons « religion », il transcende l’ambivalence du lien auquel le terme « religion » renvoie (a la fois lien avec le divin et lien communautaire entre les hommes) pour envisager dans un même élan les formes multiples avec lesquelles Dieu a choisi de rendre possible à l’homme Sa connaissance dans la contingence que représente pour celui- ci les données de l’époque dans laquelle il vit. Abstraction faite de ces contingences, c’est donc à l’appréhension  de l’unité fondamentale des traditions que nous invite René Guénon, manifestations de cette Tradition primordiale que notre père Adam a reçue comme legs de son Seigneur.

Ainsi, loin, très loin de la célébration de la survivance de pratiques ou croyances populaires, car il nous faudrait alors selon toute rigueur étymologique parler de superstition et non de tradition, c’est à  la contemplation d’un dépôt sacré universel que nous sommes appelés.

N.h

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